Montée vers le sommet de la Soufrière - Travail sur le terrain - Insouciance des touristes - Papillon de nuit - (mardi 13 décembre 2005)

  1. Montée vers le sommet de la Soufrière

      La route monte jusqu'aux Bains jaunes (où il y a une source tiède), la partie suivante jusqu'à la Savane à Mulets étant interdite aux véhicules et piétons. Il reste donc 500m de dénivelée, à parcourir à pied, avec le sac à dos et les chaussures de montagne. Nous l'avons fait par temps nuageux, c'était agréable avec la fraîcheur et sans pluie. Le descente était ensoleillée, ça faisait transpirer. Mais globalement, nous avons eu beaucoup de chance et du très beau temps.

      À l'inverse, on aurait pu avoir (conditions vécues par mes collègues 5 jours plus tôt) :

      1. 15°C ;
      2. vent à 110km/h ;
      3. nuages limitant la visibilité à quelques mètres ;
      4. pluie forte mouillant très vite et battant le visage avec le vent.
  2. Travail sur le terrain

      Je suis monté sur la Soufrière avec Gilbert (chimiste de l'observatoire depuis 30 ans) et Olivier (chimiste de l'observatoire depuis 2 jours), recruté pour remplacer Gilbert. Nous sommes allés faire des prélèvements de gaz fumerolliens et des mesures de température. Les gaz étant chauds (98°C) et acides, il faut se protéger, plus ou moins en fonction de l'exposition. Pour moi, qui pouvais simplement recevoir des petits panaches en fonction des turbulences de vent à proximité, un masque à gaz avec filtre anti-acide suffisait. Dans le cas d'Olivier, devant entrer complètement dans le panache de fumerolles (qui le cachait), il fallait une combinaison, des gants, une cagoule et un masque intégral à respirateur (turbine électrique).

      Stéphane, du Parc National, était monté avec nous et a pris pas mal de photos. En voici quelques-unes :

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  3. Insouciance des touristes

      Par arrêté municipal, l'accès au Cratère Sud est interdit au public, qui se retrouve face à des barrières en rondins de bois avec des écriteaux signalant le danger. Considérant sans doute qu'avec le prix du billet d'avion et la fatigue de la montée ils ont payé leur droit de visite, ils contournent tous les barrières, malgré le danger pour leur santé.

      À la fin, nous avons mesuré la température un peu plus loin. Nous étions tous les trois protégés, Olivier et Gilbert étant dans les fumerolles, moi 2 mètres en retrait, en dehors du panache, mais tout de même avec mes vêtements longs (de montagne), mon masque à gaz et mon casque. Avec les masques à gaz, nous avions du mal à nous parler car ça déformait énormément nos voix.

      Visiblement, ça n'éveillait pas le moindre soupçon d'inquiétude chez les touristes, qui passaient là, regardaient, s'arrêtaient à 1m de moi des panaches et prenaient des photos. Certains ont dû leur dire que ces panaches acides à l'odeur forte d'œuf pourri devaient dégager les bronches ;-) C'est affolant !

      Et sur ce site aux conditions de haute montagne, leur habillement consistait en un short, un t-shirt, des chaussures bateau ou tennis, et la tête nue au soleil.

  4. Papillon de nuit

      Ce papillon était sur une vitre du logement le matin. Le soir il était sur le carrelage, mort. De loin, il ressemble très fortement à une feuille morte.

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