En Guadeloupe, pour les fêtes de Carnaval, le mardi après-midi et le mercredi sont officiellement fériés par la préfecture. Et l'usage veut que le lundi et le mardi matin le soient également. C'est le cas à l'observatoire. Des petites vacances dont il fallait profiter...
La Cascade Vauchelet est une très ancienne excursion dans les hauteurs de Saint-Claude. Des aménagements ont été faits depuis très longtemps, mais à force de cyclones ou de grosses averses, la nature a tendance à reprendre ses droits. La mairie a abandonné l'idée de rendre à nouveau le chemin accessible au touriste moyen, chaussé de tongues et inconscient des risques de la montagne. Il y a donc un panneau d'interdiction à l'entrée du sentier. Mais deux guadeloupéens arrivaient aussi pour y descendre, nous sommes descendus ensemble.
Il ne faudrait pas y descendre par mauvais temps ou après de grosses pluies, les risques d'éboulements étant plus élevés.
Après avoir passé le bourg de Saint-Claude, on gare la voiture dans une petite rue près de l'ex-gendarmerie. On est encore en milieu urbanisé, on longe le mur d'une maison et on se retrouve dans un autre monde.
La forêt tropicale primaire, luxuriante (la «forêt de la pluie»), s'offre au visiteur, qui marche à flanc de pente très raide d'une vallée encaissée, au fond de laquelle coule une rivière, qui pour notre plaisir, forme une petite cascade.
S'il n'y avait pas ce sentier, aménagé par endroits, on pourrait se croire en train de redécouvrir la Guadeloupe sauvage qu'ont connu les premiers explorateurs débarqués ici avec Christophe Colomb. Peut-être que ces sentiers (ou d'autres) existaient déjà, tracés par les indiens Caraïbes, habitants de la Karukera (Île aux belles eaux).
À la fin du sentier, une passerelle franchit la rivière pour se rendre à la cascade.
J'ai ensuite changé de vallée pour aller au Saut-d'eau du Matouba. Celle-ci n'est pas interdite, mais à plusieurs endroits sur le trajet il y a des panneaux Baignade dangereuse : risque de montée des eaux.
C'est toujours valable ici : les pluies sont abondantes, imprévisibles et souvent invisibles depuis l'aval, où les eaux d'un grand bassin versant peuvent mettre en crue très rapidement une rivière tranquille. Si on voit apparaître des feuilles mortes ou brindilles à la surface de l'eau, ou si l'eau se trouble, il vaut mieux déguerpir : la crue risque de suivre, ces signes indiquant qu'une averse a sévi ou que le niveau est monté, nettoyant les berges.
Une balade plus courte, on arrive plus vite à la rivière, en ayant été prévenu par les panneaux qu'il ne faut pas approcher des falaises ou se baigner.
Arrivé en bas, rien de particulier, juste quelques touristes qui se baignent.
Je remonte la rivière, au sec mais dans son lit, sur des rochers glissants lissés par l'eau, des sortes de galets secs d'un mètre de diamètre. De quoi imaginer la violence de cette rivière quand elle est en crue. Le lit fait une quinzaine de mètres de largeur, il y a un torrent de 5 mètres au milieu, avec un mètre d'eau. Mais les traces sur les falaises indiquent que le niveau peut monter de quelques mètres, en occupant toute la largeur.
100m en amont de l'arrivée du sentier, on arrive au Saut-d'eau, une toute petite cascade de quelques mètres, qui tombe dans un lagon turquoise abrité par une grande cavité rocheuse.
En aval du sentier, il y a des petits bassins où il y avait des baigneurs, quelques falaises d'où des blocs doivent tomber régulièrement, et je suppose que plus loin encore il peut il y avoir d'autres chutes.
En remontant, je croise un petit groupe équipé de cordes, baudriers et casques, faisant du canyoning dans la cascade. J'en avais aussi vu remontant de la cascade Vauchelet deux heures plus tôt.
À Matouba, comme il pleut beaucoup, les bananiers poussent très bien, il y a donc de grandes plantations :