Aujourd'hui, je suis retourné sur le terrain, pour une grosse mission dont le principal travail était le ré-haubanage d'un mât d'antenne de 6m de hauteur, dont les haubans en fibre de verre avaient cassé (probablement à cause du vent). Le problème avait été constaté lors de la dernière ascension il y a deux mois et une réparation de fortune avait été faite pour redresser et tenir le mât.
Levé à 5h30, j'étais présent à l'observatoire à 6h, après avoir cuisiné mon repas de midi, mais nous ne sommes partis qu'à 7h.
Comme je n'ai pas encore de bon sac à dos de travail, j'avais pris ma claie de portage et mon sac pique-nique. Je me suis donc vu confier le beau câble inox tout neuf que personne ne voulait porter : 100m de longueur, 6mm de diamètre, ~15kg.
Heureusement que nos claies sont de très bonne qualité, permettant de porter de lourdes charges sur les hanches (presque) sans les sentir. Comme j'avais tout de même entre 20 et 25kg dans le dos, on sent bien l'inertie de l'ensemble au départ. Ça a aussi l'inconvénient d'augmenter considérablement les dimensions du marcheur, surtout en hauteur, où ça dépassait de mon casque.
Ça m'est donc arrivé de nombreuses fois de m'accrocher voire de taper aux branches basses sur le sentier forestier qui permet d'atteindre le sommet. Certains passages ne dépassant pas les 1,5m de hauteur ou 50cm de largeur, c'était parfois délicat.
Tout le long, la pente est très raide (bien pire que le Houëlmont), sur des sentiers boueux, avec des pierres ou des racines, et où il faut souvent enjamber, soit les «marches d'escaliers» naturelles (racines, rochers), soit les arbres couchés à 1m de hauteur. À la fin, les mains sont aussi utiles que les pieds, pour grimper une pente rocheuse raide comme une échelle. Dans la descente, heureusement que la claie touche le sol avant les fesses !
2h de montée avaient été annoncées. Avec Thierry, nous avons fait l'ascension la plus rapide, en 45mn de marche effective et une pause. Par contre, j'ai mis 1h à descendre.
Là-haut, il a d'abord fallu repérer des rochers où arrimer les haubans, les forer au perforateur à essence, débroussailler. Ensuite il fallait faire les haubans : couper le câble (d'abord à la pince coupante, que j'ai cassé en serrant, puis à la scie), fixer des tendeurs de câbles aux extrémités. Le temps de faire ça, les pitons d'arrimage étaient scellés dans les rochers percés. Ensuite, fixation et tension des haubans le temps que je change avec Thierry les tendeurs de haubans rouillés des panneaux solaires.
Après quelques heures de travail, 6 haubans étaient solidement fixés, la base du mât refixée, le sismomètre changé, un relais radio changé, et les haubans de panneaux solaires rénovés.
On regagnait la voiture une heure de descente acrobatique plus tard : mon câble m'a solidement retenu accroché à un arbre, puis plus loin je me suis enfoncé les deux pieds dans la boue jusqu'à mi-mollets. Pressés de redescendre, je n'ai pu déjeûner qu'arrivé à l'observatoire, à 16h30.
Voici quelques photos :
Jeu des 7 différences. Ma claie de portage, à l'arrivée au sommet et de retour à l'observatoire. On a utilisé plus de la moitié du câble, on voit bien la différence par rapport aux tubes de la claie.
Jeu des 7 différences, bis. Les antennes perchées sur le mât, au-dessus du gros rocher du sommet, avant, pendant, après :
Jeu des 7 différences, ter.
Travail : perçage et débroussaillage
Les fixations de haubans : avant (réparation sommaire suite à la rupture), après.