Finie la saison touristique pour la Guadeloupe. Ce n'est plus le paradis recherché pendant l'hiver européen, il commence à faire chaud et humide, et les cyclones vont bientôt menacer. Hors des classiques jours de pointe, les avions ont donc beaucoup de mal à faire le plein de voyageurs. Ce n'est pas plus mal pour le confort, j'avais de la place dans un avion !
La seule chose intéressante en avion, c'est le point de vue qu'on a sur la troposphère, en se trouvant près de son sommet, avec un dégradé de couleurs alant du blanc au bleu marine intense, et des grosses masses nuageuses vues sous un angle peu courant. Le haut du ciel est tellement sombre qu'il est parfois possible de voir des planètes (Vénus ou Jupiter) ou des étoiles en plein jour.
Je me suis amusé à mesurer l'avion au GPS : au début, 727 km/h à 7915m d'altitude, à 6696km de chez moi. 7h30 de vol plus tard, à 559km de chez moi, nous étions monté à 13061m d'altitude, avec une vitesse poussée à 830 km/h. L'altimètre barométrique indique 2271m, c'est à cause de la pression d'air à l'intérieur de l'appareil, bien supérieure à l'extérieur, mais inférieure à celle du sol (ce qui donne une recompression à l'atterrissage qui se sent dans les oreilles).
En Guadeloupe, on ne connait pas les transports publics. Chaque transporteur est indépendant, possède 1 ou 2 véhicules (généralement de plus de 10 ans, quand il n'approche pas les 30 ans), fixe son trajet, ses horaires (improvisés), son tarif.
La région a des vélléités d'organiser tout ça depuis quelques années, mais ça avance doucement, comme les J9 sur les pentes à 15%...
Pour me rendre de l'aéroport à chez moi, j'ai testé : 3h avec les attentes, et 16,60 ¤ : 10mn de taxi collectif négocié à 10 ¤ au lieu de 25 ¤ (il y avait déjà 6 touristes qui avaient payé ensemble 30 ¤), 2h d'autocar pour 4,60 ¤, puis 20mn de minibus pour 2 ¤ (Renault J9 de 20 ans avec «17» places dont 3 ex-strapontins disparus). Puis 5-10mn de marche à pied.
Ah, cette Soufrière, elle me manquait presque ! Il faisait beau là-haut en rentrant, c'était une chance.
Quel plaisir, après une très longue journée (lever à 6h, arrivée chez moi à 18h, +6h de décalage horaire) passée à voyager (marche, métro, RER, navette Orlybus, avion, taxi, autocar, minibus, marche), de retrouver son hamac, dans la chaleur humide du soleil couchant, pour s'y détendre quelques instants, torse nu, avant que la nuit ne fasse son apparition et que le soleil laisse la place aux grenouilles siffleuses.
Deux jours après mon retour, ma chérie est venue me voir, et j'ai pu tester la plage de Grande Anse à Trois-Rivières : du sable noir en pente douce, une mer à 29°C et des rouleaux. La baignade est réservée aux bons nageurs, comme ma sirène (qui a probablement su nager avant de savoir marcher). Je me suis contenté du bain de pieds...
Depuis cet endroit on voit les Saintes en face.