Au programme de ce 18 octobre, à l'observatoire, «exploration de la caverne Spallanzani». Rien que le titre de la sortie de terrain, ça annonçait de belles réjouissances. Dominique Gibert en parlait depuis longtemps. Après quelques explications, on en rêve... Pour vous expliquer un peu :
Nous sommes donc partis à quatre :
Nous avons préparé du matériel à monter sur les baudets humains :
Le but du jeu était de :
Dans la fente du Nord, nous savons qu'il peut il y avoir un peu de CO2 (Voir plus bas pour les effets). Aussi prenons-nous toujours la précaution d'emmener notre détecteur pour y faire les mesures d'extensométrie. Une fois, le détecteur avait sonné (1,5% de CO2 dans l'air), mes collègues partant en courant.
Quand Dominique a amorcé sa descente dans le puits naturel, il avait le détecteur sur lui. En bas du puits, il indiquait 0.2%.
Il pensait continuer sa descente comme ça, avec le détecteur sur lui. Mais quand il a eu les pieds dans le vide, 1 mètre plus bas, le détecteur affichait alors 0,3%. Une dose encore très faible, sans risque, mais cette variation lui est parue trop importante compte tenu de la faible distance parcourue. Il a donc décidé à ce moment de plutôt descendre le détecteur au bout d'une corde, pour sonder. Ce dernier s'est très vite mis à biper dans sa descente, mais avec des bips «à vitesse normale». Nous croyions que la fréquence des bips variait avec la concentration, nous n'avons pas pensé à des concentrations extrêmes.
Après que le détecteur ait touché le fond, Dominique l'a remonté pour lire la valeur. Quand il l'a pris en main, les chiffres défilaient en décroissant rapidement, mais il a pu lire 8,29% !!!. Le CO2 étant plus lourd que l'air, 11m plus bas, ça dépassait certainement les 10%. Et vue la forme de la salle, quelle est la concentration au fond ? 30%, 100% de CO2 ?
Si Dominique avait gardé le détecteur sur lui pour descendre, il se serait probablement évanoui avant d'avoir eu le temps de remonter et nous aurions dû le hisser pour le ressortir, inconscient. Pas cool !
Il faudrait y descendre avec des ARI, comme ceux utilisés par les pompiers. Mais si le puits peut se remplir aussi de CO2, il en faut des tout petits.
L'exploration sera d'un autre niveau technique...
(extrait du site http://www.cmpourriere.com/dnn/speleo/Accueil/tabid/92/ctl/Details/mid/483/ItemID/23/Default.aspx)
Concentration en ppm | Pourcentage | Effets sur les humains |
---|---|---|
1000ppm | 0.1% | Après exposition prolongée la concentration mentale se détériore. |
5000 ppm | 0.5% | Niveau normal international d'exposition permise. |
10,000ppm | 1% | On respire un peu plus vite que normal mais probablement on ne remarque pas le changement. |
15,000ppm | 1.5% (bips du détecteur) | Niveau normal d'exposition de courte durée. |
20,000ppm | 2% | On respire 50% plus vite que d'habitude. Exposition pendant quelques heures peut provoquer de la fatigue et des maux de tête. |
30,000ppm | 3% | Effort pénible. On respire deux fois plus vite que d'habitude. Étourdissements, rythme cardiaque accéléré et tension artérielle élevée sont tous des conséquences possibles et les maux de tête sont plus fréquents. L'ouïe peut être réduite. |
40,000-50,000ppm | 4-5% | A partir de ce niveau les effets de CO2 sont très puissants. La respiration est très rapide, environ quatre fois le rythme normal, et après seulement 30 minutes les symptômes d'empoisonnement commencent, y compris une sensation de suffocation. |
50,000-100,000ppm | 5-10% | On commence à remarquer l'odeur âcre de CO2, un peu comme l'eau gazeuse. Un léger picotement est généralement sensible sur la langue, la muqueuse nasale et les yeux... On se fatigue vite, on respire mal, et on a des maux de tête, acouphène et vue réduite. Après quelques minutes on devient désorienté avant de perdre connaissance. |
100,000ppm-1,000,000ppm | 10-100% | On perd connaissance de plus en plus vite. Plus on est exposé et plus la concentration augmente, plus on risque d'être suffoqué. Syncope rapide et mortelle. |
Ensuite nous sommes descendus en rappel de 50m dans la partie basse de la Fente du nord, pour chercher une éventuelle autre entrée, avant de remonter sur corde (pour Dominique et moi : très fatigant contre cette paroi instable, plus difficile qu'en plein vide !) ou par un sentier plus loin (pour François et Hervé).
Ensuite nous sommes montés au gouffre Tarissan faire quelques prélèvements. Le Cratère sud (photos) était bien dégagé car le vent soufflait exceptionnellement du sud et pas de l'est.