Ici, la journée se déroule plus tôt. Midi étant le milieu de la journée solaire, ça aide.
Si bien que l'après midi, ici, on ne dit pas bonjour, mais bonsoir...
Récemment, je me suis surpris à aller me coucher à 20h45, n'ayant pas la force de veiller jusqu'à 22h. Et j'ai trouvé qu'en arrivant à 7h au bureau c'était tard. Mais comme ça m'arrive aussi de terminer très tard, quand j'ai récemment fait 7h-21h, ça fait 13h de boulot !
Ça y est, c'est l'hiver qui commence. Ici, ça s'appelle le «carême», la période sèche, non productive, par opposition à l'hivernage (été), saison humide, avec sa météorologie cyclonique.
Une onde tropicale doit nous arroser bientôt, mais le risque de cyclone semble s'écarter. Notamment à cause de la température de l'eau qui diminue.
Bientôt l'eau de la mer sera froide (26°C), les antillais ne se baigneront plus.
J'ai pris l'habitude de dormir la fenêtre ouverte, avec juste un drap sur moi. Il y a quelques jours, je me suis réveillé deux matins de suite frigorifié. La seconde fois, j'ai enfilé mes habits chauds en polaire et j'ai mis une heure à me réchauffer, signe d'une légère (bénigne) hypothermie. Il ne fait en effet plus que 21°C dehors certaines nuits. J'ai donc ressorti ma couette légère, je dors mieux.
Je sais que chez la plupart de mes lecteurs, il fera bientôt 30°C de moins dehors et qu'ils aimeraient bien venir apprécier la douceur du climat ici. Mais en fait, même ici, avec peu de variations, on remarque nettement les changements de température, et en décembre-janvier, il vaut mieux se couvrir un peu, on prend vite froid.
Une particularité du climat chaud et humide est que la nature ne fait pas de pause annuelle. C'est un avantage pour les approvisionnements en fruits et légumes, mais ça amène aussi des inconvénients. Dans le règne végétal, les herbes sauvages continuent à pousser à toute vitesse et à tout envahir, dans le règne animal, ce sont les moustiques qui pullulent. Actuellement, leur nombre est impressionnant.
Il est fréquent de voir tourner une dizaine de moustiques autour de ses jambes. Les journées sans piqûre ne doivent pas exister.
Parfois, ça m'agace tellement que je rejoins mon lit, pour lire ou tapoter l'ordinateur portable. Mon lit étant entouré d'une moustiquaire, je suis au calme.
Les moustiques ne sont pas simplement désagréables. En ce moment, je ne vois qu'une seule espèce, les Aedes Egypti, rayés de noir et de blanc. Ce sont eux qui transmettent la dengue (et le Chikungunya, qui n'est pas parvenu ici). La dengue a des symptômes très proches de la grippe (fatigue extrême, courbatures, maux de tête, ...). Et chez les personnes les plus faibles, elle est parfois mortelle.
Contre les moustiques, il existe une arme redoutable pour les détruire lorsqu'on les a repéré : les tapettes électrifiées. C'est le même principe que ces lampes bleues ou UV entourées d'un grillage électrifié. Mais c'est sous forme de raquette. Au moins, quand on voit un moustique, on n'a pas à lui demander gentiment d'aller dire bonjour à la lampe. Il suffit d'empoigner la raquette et de la placer subrepticement dans son couloir aérien.
C'est facile, distrayant et déstressant.
Aujourd'hui, je suis monté avec Olivier pour effectuer le prélèvement mensuel des gaz de la Soufrière. La dernière fois que j'y ai participé, c'était notre première sortie de terrain à tous les deux. Mais cette fois, c'était son 14ème prélèvement de gaz.
Comme les vêtements en Gore-Tex ne supportent pas tellement l'acide, j'avais ma veste en Gore-Tex recouverte d'un ciré en PVC, mais je n'avais pas de pantalon imperméable. Avec la pluie et le vent, j'étais frigorifié.
Olivier prélève aussi mensuellement 9 sources, dont j'en connais désormais 8, la neuvième étant au bord d'une ravine qu'il faut descendre (avec des passages pleins d'eau, avec l'eau au-dessus du genou), je ne voulais pas y aller tant que je n'avais pas des chaussures prévues pour marcher dans l'eau.
Je sens que je vais y aller ce mois-ci, maintenant que j'ai mes chaussures spéciales «terrains humides» (Jungle Boot de Meindl). Ces chaussures laissent passer l'eau, dans les deux sens. Quand on marche en milieu très humide (ou dans l'eau), l'eau rentre toujours, quelque soit la chaussure, surtout quand le niveau d'eau dépasse la hauteur de la chaussure. Avec celles-ci, elle sort aussi très facilement, si bien qu'on a les pieds mouillés, mais on ne fait pas «floc-floc» à chaque pas, car la chaussure se vide en quelques secondes, contrairement aux chaussures à membrane Gore-Tex, qui une fois pleines d'eau, nécessitent d'être retirées pour être vidées. Il faut que je trouve les chaussettes idéales qui ne garderont pas les pieds mouillés.